Wanda SKONIECZNY - 2016

photographe plasticienne

VILLENEUVE L’ARCHEVÊQUE, (89) YONNE, France inseparables R400

http://www.wanda-skonieczny.fr

 

Du 30 avril au 5 juin 2016 - Espace Saint Louis - BAR-LE-DUC

Entrés libre - Ouvert de 14h30 à 18h30 les samedis, dimanches et jours fériés

En 1997 elle est diplômée d’une maitrise d'Arts Plastiques au palais universitaire de l'université de Strasbourg. Originaire de Champagne –Ardennes . A l’issue de ces études, elle décide de poursuivre ses recherches sur la matière photographique en s’appropriant une technique d'images imprimées sur tissus aux formats monumentaux. Elle fait connaitre alors ces recherches en région PACA durant 10 ans puis en région Bretagne . Depuis elle continue d’interroger les potentialités du support textile au travers de grandes installations questionnant les lieux, l’espace et la relation aux modèles. En parallèle, elle développe des projets d’interventions auprès de publics divers, dans les écoles, collèges, lycée hôpitaux , centres sociaux et est chargée de cours dans les universités.

WSkoniescny 00 R250

 

 

Ces plus importantes expositions à L’HÔTEL DES ARTS de Toulon ainsi qu’à l’IMAGERIE de Lannion l’amène de 2010 à 2011 à répondre à une première commande publique pour la région Haute – Normandie . Cette première commande publique s’est accompagnée d’un livre soutenu par les éditions Filigranes.

 

 

 Une mise en scène de l’effacement par Philippe Lerat, université Lorraine

Amor Curiositas tel est le titre de cette exposition, titre qui la place d’emblée sous le  double signe du lien et de l’étrangeté. Vouloir représenter le lien, quelque en  soit la nature, c’est vouloir figurer l’invisible. Mais comment faire  si ce n’est en s’attachant aux objets qui peuvent le matérialiser et aux situations qui le laissent entrevoir. 

Enigmatiques et familières, les œuvres superposent plusieurs influences qu’il n’est pas toujours facile de démêler : l’histoire personnelle de l’artiste,  sa fascination pour des matières, ses références picturales, ses rencontres comme par exemple avec cette confrérie de charité normande qui accompagne les défunts ou encore avec ces producteurs de lin.

Wanda Skonieczny compose au sens où elle  arrange objets et modèles vivants.  L’artiste invente la situation puis opère un travail matériel sur l’image : le passage de l’argentique au numérique, le choix de la matière de son support, la décision de l’assembler ou non à un autre objet. Cette recherche du corps de l’image  réduit la distance entre l’artiste et ce qu’elle montre tout en assurant sa présence dans la matérialité même de l’image. Paradoxalement, cette annulation de la distance avec ce qui est représenté aboutit pour le spectateur à une distanciation avec le sujet. En effet, la matière du support, le format, les ajouts que ce soit de fusain ou de dentelles de papier confèrent aux œuvres une sorte d’aura. L’instauration de cet univers imaginaire donne aux photographies une dimension métaphorique. Enfin une fois matériellement réalisée, l’œuvre est installée de manière à entrer en résonance avec le lieu d’accrochage mais aussi et surtout avec d’autres œuvres, l’artiste privilégiant toujours des ensembles. A l’Espace Saint-Louis, l’exposition s’organise autour de quatre grands ensembles qui sont en interaction .

  • Des photographies retravaillées au fusain nous proposent des arrangements d’objets dans une tonalité funèbre. Ils sont les dépouilles de corps absents dont ils portent la marque. L’image, mêlant parfois le contemporain à l’ancien, s’inscrit dans la tradition picturale des Vanités et  invite le spectateur à la méditation. 

  • Une réunion de cadres divers suggère un cabinet de   curiosités contemporain où assemblages et photographies mêlent le végétal et l’animal dans un dialogue permanent où s’abolissent les frontières et où le jeu sur la variation d’échelle conduit à une distanciation du regard.

  • Les grands formats photographiques  nous proposent des corps enveloppés. Les jeunes frères siamois ou le vieillard chenu perdent leur identité et deviennent universels. La blancheur des drapés souligne la fragilité des chairs, photographiées dans leur abandon. Les corps semblent flotter dans une autre réalité un peu onirique. Ces gisants verticaux, dans leur minéralité de porcelaine, passent à l’état d’effigie.  La tonalité blanche que l’on peut bien sûr associer à l’idée de pureté et d’innocence peut aussi revêtir ici un caractère funèbre évoquant le linceul ou le capitonnage du cercueil. Cette ambiguïté est suggérée par la force du traitement des drapés ou des tissus matelassés. On peut voir dans la tension entre la chair et le tissu blanc, entre l’animé et l’inanimé, comme une menace  d’engloutissement, d’absorption dans le blanc.

  • Les canivets. Ces anciennes images pieuses  serties de  dentelles de papier, propres à être glissées dans un missel, imposent un monde plus petit aussi l’œil doit-il s’attacher à l’image pour en percevoir le détail.  Avec l’évidement de l’image d’origine, l’artiste place le contemporain sur le passé. Un autre rapport au temps s’instaure : le présent s’approfondit d’un passé imaginaire. Ce lien entre le passé et le présent on le retrouve aussi dans l’image intérieure avec les portières mortuaires brodées ou le cordon de lin qui semble, tel un cordon ombilical, circuler d’une génération à l’autre. La fragilité du contour évoque ici la fragilité des existences qui s’y insèrent. 

Au travers de ces différentes mises en scène d’objets et de personnes, Wanda Skonieczny propose un ensemble de variations sur le thème du lien et nous donne à voir l’attachement, l’attente, la promesse, le départ autant que le regret, la perte ou l’absence ressentie. Toutes ces œuvres sollicitent l’imaginaire du spectateur et  sont  une invitation à la méditation sur le temps qui passe et nous dépasse, sur la différence de temporalité entre les objets et les êtres.

Il faut enfin évoquer cet autel d’une église bretonne où, par les photographies de la communiante et de la mariée, s’exposent les témoins de deux promesses. Associer dans une même photographie deux événements distincts sur le lieu même où ils sont advenus : c’est encore juxtaposer les temps mais c’est aussi s’interroger ce qui échappe à la représentation, ici le lien, le passage entre les deux séquences d’une vie.

En s’efforçant de figurer le lien, Wanda Skonieczny s’est donc questionnée sur différents passages. Passage du passé au présent, de la jeunesse à la vieillesse, de l’événement à son souvenir et du souvenir à la mémoire, de l’animal à l’homme, du même à l’autre, de l’un au multiple et surtout de la présence à l’absence. 

Chaque instant doit être saisi dans la menace de sa dissolution. L’artiste est alors une sorte de passeur qui « pour ne jamais rompre » propose une mise en scène de notre effacement.

 

 

Née en 1973
Vit et travaille à Villeneuve l’Archevêque(89)
16-18 rue Paul Bert
89190 Villeneuve l’Archevêque
http://www.wanda-skonieczny.fr

EXPOSITIONS PERSONNELLES (sélection)

2016 – Maison Jean cousin «  traines »– Sens (89)
2014 – Rencontres photographiques d’Arles – Projets dans les établissements scolaire «  des clics et des classes » - à l’atelier de la Chaudronnerie.
2013 - Artothèque « Traînes» - St Jean Brevelay (56)
2012 - MJC de sens- « lien »- (89)
2011 - Centre culturel – « lien#3 » - St Raphael (83)
2008 - Galerie Sintitulo – Mougins (06)
2007 - Artothèque Antonin Artaud, Marseille (13)
2006 - Galerie LA CHAMBRE, Strasbourg (67)

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2016 – CANOPÉ - Langres (52)
2014 – Galerie Pierre et Renée – Buis les Baronnies (30)
2012 – Festival «  Objectif 373 »- Itinéraire Bis (série d’expositions : en circuit dans les cotes d’Armor . Musée de St Brieuc, Ferme auberge la ville Andon, L’Imagerie, Moulin du Palacret)
2011- Biennale photographique – Li(e)n – musée du verre – Conches-en-Ouches (27)
2010 - Les Estivales du Trégor - avec l'Imagerie- Chapelle St Samson - (22)
2009 - Illusions photographiques - avec G.Rousse, Hans Sylvester, F.Nackache…galeries Martagon et Lagier ( 84 )
2007 - Chambres closes, Espèces de coin Galerie Martagon, Malaucene (84)
2006 - Les quinze ans de la Galerie MARTAGON, Malaucène (84)
2006 - Lauréats, PHOTOFOLIO GALLERY,