Bernard COPEAUX - 2016

NON IDENTIFIÉ

Commercy

« Non identifié » est le titre d'une sculpture pouvant évoquer ces corps échoués, rejetés par la mer ou autres maltraitances.

- « C’est le 21 septembre 1997, dans la haute montagne suisse, à la « Jaun Pass » que des galettes de bouse m’ont été révélées par BCOPEAUX R250centaines, étalées sur les prés, s’offrant au Soleil. Le plus humble s’est ainsi dévoilé, entraînant mes recherches tout au bord de la Voie Lactée, où, en explorateur sur le plancher des vaches, je collecte ce trop plein d’étoiles qui alimente depuis mon travail : matière sacrée, offrande généreusement dispensée à la terre, cadeau régénérateur, source d’espoir.

J’utilise cette matière primordiale dans son état pur, respectant ses couleurs de terre, de bruns, d’ocres et de gris changeants, selon les herbes et fleurs qui la composent. Je puise dans ce magma l’inspiration capable d’opérer une transmutation de brins de verdure mâchouillée, en visions de l’infiniment petit, rejoignant des vues célestes de dessus de mondes lointains. Mondes en attente, parfois semblables au nôtre, tourmenté et en crise, miroir de nos propres contradictions et paradoxes.

Exp BCopeaux R250

Nous avons perdu l’objet réel de notre recherche, oublié que nous sommes le centre-même de notre quête. Face au grand vide et à la beauté de son secret, à la vie avec ses dimensions qui nous dépassent, au miracle de son éclosion sur Terre, et enfin, à notre place dans ce mystérieux berceau de naissance et de mort, nous vacillons entre déchéance et réalisation profonde. Là, est ma vision intuitiveautant qu’observation plus scientifique,traduite par des arrêts temporaires d’images données à percevoir, à reconnaître peut-être, chargées des émotions de chacun, appartenant à tous ». Bernard Copeaux

 

- L'envie est grande de toucher, caresser cette peau desséchée, comme pour être reliés physiquement à la chair du mystère. Pour conjurer. Surprise, cette texture est étonnamment légère, rugueuse et douce à la fois, fragile comme un songe sur le point de se briser. Un pur moment de rêve éveillé. Une note harmonique entre l’autre et soi.
La sculpture fige le mouvement, arrête le temps. Comme les gisants de Pompéi, saisis par l’effroi, des fragments de corps sont immobilisés dans leur danse, recouverts d’une gangue, suspendus comme des carcasses de viande par les jarrets. À bien y regarder, cependant, ils fonctionnent aussi comme des notes joyeuses sur une singulière portée. Leur addition crée la partition, la dynamique, une chorégraphie.
Les sculptures de Copeaux ne répondent pas à nos questions. Elles sont riches d’interrogations, d’énigmes, de propositions. Elles font, dans la sublime beauté, la pureté immémoriale de leurs formes, oeuvre de transmission. Une invitation au voyage vers les rives secrètes de la vie intérieure, vers ailleurs, autrement . Francis Kochert
- La peinture de Bernard Copeaux (sa matière et son territoire) est proprement ce qu’elle donne à voir : elle rêve d’un ordre et d’une substance, de cartes, de chemins, de traces, d’éclairs fugitifs dans le choc nocturne des choses, d’une cosmologie à la fois familière et lointaine.
L’idiome dans lequel il écrit a de différent des autres qu’il nomme ensemble horizon et texture, paysage, matière et écriture, sans chercher la petite bête de la logique, scientifique ou esthétique, mais qu’il a le désir d’être de tous les temps, de tous les espaces, de réconcilier l’infiniment médiocre ou petit avec le plus infiniment grand, de laisser venir le monde dans la vue et de le laisser lui-même, corps et âme, s’avancer dans son image, nous donnant à voir le passage entre un monde prosaïque et moderne -si proche de l’enfer- et l’odeur des prairies, là où les vaches chient, pissent et paissent, n’ayant rien d’autre à déclarer que l’univers se rêve et partout communique avec toutes ses profondeurs.
Les récoltes de pollen de Wolfgang Laib, nombre de pièces d’Andy Goldsworthy ou de Nils-Udo, par exemple, dépendent de l’art de la cueillette ou du prélèvement.
C’est comme réapprendre à peindre avec le paysage, c’est puiser dans le matériau brut la matière de son art, c’est augmenter sa palette aux sucs, aux jus, à la sève, c’est pour Bernard Copeaux, comme signer une identité : la pâte végétale à quoi il se mesure lui permet de donner sa mesure en expérimentant la démesure d’un matériau, d’un corps moins périssable que le sien.
A moins que, auto-corrigeant l’espace du dehors et du dedans, il ne nous invite à quelque chose qui soit une autre rencontre : la rencontre qui supprime les lieux-dits du dehors et du dedans. Celle de la réciprocité du lieu où nous sommes et du monde que nous regardons. Christian Hofer

  B Copeaux 2016 1 R400 B Copeaux 2016 2 R400 B Copeaux 2016 5 R400 B Copeaux 2016 6 R400 B Copeaux 2016 7 R400